Le Poulpe, nouvelle ressourcerie dans le 18ème

Paris, France
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Le Poulpe, nouvelle ressourcerie dans le 18ème

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France
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Le Poulpe, nouvelle ressourcerie dans le 18ème

Le Poulpe ouvre ses portes en septembre 2019. C’est une ressourcerie, lieu de transition pour les objets dont on n’a plus l’utilité, où ils retrouvent une seconde vie plutôt que de devenir déchet.


Nous croulons sous les déchets. Nous consommons trop. Quand un objet ne fonctionne plus nous ne savons plus le réparer, et c’est moins “cher” de le jeter et de le remplacer.

L’ADEME estime que 25% des DMA (Déchets des Ménages et Assimilés) pourraient être réemployés. En france cela représente  9 300 000 tonnes, or en 2017 seulement 10% des ces déchets étaient effectivement réemployées, principalement par le secteur de l’occasion “marchand” qui capte les objets à forte valeur, et à la marge par les acteurs de l’ESS (0,50% des DMA éligibles au réemploi).

A  Paris, les quantités de déchets collectés continuent à augmenter (+ 1,6 % entre 2016  et 2017). Cette hausse est principalement portée par les déchets occasionnels (objets encombrants) dont les tonnages augmentent de 14,9 %sur la même période (+ 13 809 tonnes) ;

Il y a donc un fort enjeu à multiplier les structures de proximité pour capter ces déchets réemployables, et les détourner de l'enfouissement ou de l’incinération.

En nous positionnant comme acteurs du réemploi, nous répondons aux deux  axes prioritaires en matière de gestion des déchets : la prévention et le réemploi. Nous traitons directement deux des cinq types de déchets prioritaires définis par le programme du PLPDMA (plan local de prévention des déchets ménagers et assimilés) de la ville de paris :

  • Les vêtements et textiles usagés ;
  • Les déchets occasionnels : objets potentiellement réemployables, réparables ou réutilisables (ex : livres, jouets, bibelots, vaisselle, CD, DVD, petits appareils électroménagers tels que les sèche-cheveux ou encore les téléphones portables etc.). Les meubles (armoire, table, chaise etc.) et les équipements électriques et électroniques (lave-linge, lave-vaisselle, réfrigérateur etc.)

Pourquoi jetons nous des objets qui pourraient encore servir ?

A paris les déchetteries sont trop loin, le ramassage des encombrants mal connu : en proposant une boutique et un comptoir de collecte des objets, un lieu d’accueil, d’échange de compétences et d’idées, la ressourcerie Le POULPE se positionne comme une structure de quartier, qui donne à voir les masses d’objets donnés qui peuvent encore servir, et contribue activement à changer les habitudes et réflexes de surconsommer-jeter.  

Collecte dans le quartier, bien visible, lieu où l'on vient flâner, rencontrer les habitants du quartiers, apprendre et transmettre les savoir-faire,  et où l'on s'imprègne de l'esprit "Récupe".

Pour accentuer ce cercle vertueux, le POULPE s’inscrit dans la création d’un pôle solidaire, les ateliers de la récupe, qui réunira côte à côte la ressourcerie et un atelier de réparation de vélo, Solicycle, porté par l’association Etude et chantiers.

Trait d’union entre les deux activités, un café atelier viendra compléter l’ouverture sur le quartier, en proposant une restauration accessible et de qualité, ainsi que des activités : ateliers de sensibilisation, événements festifs, etc.

Nous sommes 5 porteur et porteuses de projet, réuni.e.s par le désir de contribuer à un mode de vie plus sobre et soutenable, la passion de la récupe, la sensibilité aux questions environnementales, l'envie de nous impliquer dans la construction de solutions alternatives, de répondre aux besoins d'un quartier populaire et délaissé, de mettre en cohérence nos actes et nos valeurs : 

  • Modèle économique et politique soutenable
  • Création du commun à travers la mutualisation de biens, d'outils, d'espaces, de connaissances, de moyens et de ressources
  • Protection des travailleurs et bien être au travail
  • Intégration sociale
  • Parité des genres et participation à la reposition positive de la femme dans la societé

 

 

Quel est le concept de votre projet ?

Notre projet, c’est d’abord un lieu : la ressourcerie LE POULPE, au coeur du quartier de la goutte d’Or, dans le 18ème arrondissement. A côté de nous (nous aménageons les locaux en même temps), il y a un atelier de réparation de vélos tenu par Solicycle. Ensemble, nous gérons un petit café associatif situé entre nos deux structures. Cette mutualisation nous donne de la cohérence et de la visibilité en tant que pôle solidaire, “les ateliers de la récupe”.


Nos objectifs qualitatifs

 

  • Développer le réemploi et l’économie circulaire
  • Sensibiliser à la réutilisation et la réparation en général, promouvoir la consommation responsable
  • Promouvoir le lien social à travers des activités éco-responsables
  • Diffuser le faire soi-même et le faire-ensemble
  • Sensibiliser à l’environnement par le biais de l’expérimentation
  • Développer l’activité d’animation, support de lien social et d’ouverture au quartier
  • Créer un lieu vivant d'échange autour d'activités multiples écoresponsables et quasi-gratuites
  • Créer de la cohésion sociale au sein du quartier

 

Nos moyens d’action :

La ressourcerie

Le coeur de notre projet, c’est la ressourcerie : un lieu qui contribue à la réduction des déchets en récupérant des objets afin qu’ils ne soient pas incinérés ou enfouis. Pour cela nous collectons, réparons, transformons et redistribuons des objets dont les propriétaires souhaitent se défaire.

Nous avons quatre objectifs :

  • collecter sans sélectionner : collectes “non écrémantes” qui nous distinguent du secteur de l’occasion (friperies, brocantes…), auprès des habitants
  • revaloriser : trier, réparer, transformer, orienter vers les bons éco-organismes les objets qui ne peuvent plus servir mais peuvent être recyclés.
  • redistribuer : une boutique permet à tous de s’équiper à prix solidaire. Pour les plus démunis, des “vestiaires” (habillement et équipement gratuit) seront proposés en partenariat avec les services et associations à caractère social
  • sensibiliser : nous expliquons notre démarche, nous intégrons les bénévoles qui souhaitent contribuer avec nous, nous proposons des ateliers sur les thèmes de la réparation, des savoir-faire, de la démarche zéro déchet.


Nos objectifs quantitatifs de réemploi

  • En année 1 : 90 tonnes d’objets collectées 
  • En année 2 : 150 tonnes d’objets collectées 
  • En année 3 : 200 tonnes d’objets collectées 

Pour les quantités collectées, nous visons l’objectif de 90% de revalorisation, réparti comme suit : .

  • 60% de réemploi
  • 30 % de recyclage

 Pour la part dédiée au recyclage, nous prévoyons une contractualisation avec plusieurs éco-organismes relevant des filières REP (responsabilité élargie des producteurs). Ces  éco-organismes sont spécialisés par typologie de déchets :

  • Pour les DEEE (Déchets d’Équipement Électriques et Électroniques) que nous ne pourrons pas réemployer, nous prévoyons de créer un partenariat avec Ecologic.
  • Pour les DEA (Déchet d'Éléments d'Ameublement), Éco mobilier et Valdelia
  • Pour les TLC (Textiles, Linge, Chaussures), Gebetex et Le Relais
  • Pour les livres : Recyclivre ou Label Emmaüs
  • Pour les lampes, ampoules et halogènes : Recyclum 

La traçabilité de la gestion du flux est assurée par l’utilisation du logiciel « O’ ressource » : le poids des collectes, par provenance et par type, est tracé afin d’établir un bilan écologique de ces activités. De même pour les objets “sortants” : vendus en boutique ou orientés vers les éco-organismes de recyclage.

Les activités pluridimensionnelles

La ressourcerie, c’est bien plus qu’une boutique. C’est l’occasion de changer les regards sur les “déchets”. Dans cette optique nous proposons

  • Des ateliers et animations hebdomadaires autour de la récupération, la réflexion autour de la problématique de la sur-consommation, des problème écologiques.
  • des ateliers de création / upcycling
  • des ateliers de sensibilisation (fabrication de produits d’entretien, cosmétiques, couture de sacs à vrac, etc.)
  • Une “bricothèque”, mise à disposition d’espaces et outils pour venir réaliser son projet ou simplement réparer son objet, des ateliers d’apprentissage de l’auto-réparation, d’échange de savoirs sur le mode de l’éducation populaire. Organisés par thèmes (informatique, électroménager, textile, mobilier).
  • La mise à disposition d’espace pour d’autres initiatives du quartier (cours, ateliers, activités proposées par des habitants du quartier à destination d’autres habitants)

Les animations peuvent avoir lieu dans le café atelier, la salle d’animation ou encore en extérieur (jardin et parc).

Notre statut : entre autonomie et financement public

Sur une moyenne de trois ans le Poulpe prévoit de s’autofinancer autour de 65% notamment par l’activité de revente des biens , tandis que les subventions et autres aides publiques représenteront 32% du budget moyen. Le reste du budget est assuré par les activités, ateliers et prestations.

D’ici 5 ans nous souhaitons atteindre la stabilité qui nous permettra de proposer des emplois pérennes, notamment pour des personnes éloignées de l’emploi. Nous visons une forme d’autonomie, mais tenons également à rester soutenus par les institutions : nous ne sommes ni une friperie ni une brocante, nous sommes des acteurs du réemploi dans la gestion des déchets, et à ce titre nous militons pour une reconnaissance institutionnelle de notre utilité publique et de notre forte contribution à l’économie circulaire.

Au sein du réseau francilien des acteurs du réemploi (REFER), nous oeuvrons pour faire reconnaître la valeur de notre travail, et la nécessité de le financer, notamment à travers l'élargissement du principe pollueur-payeur ou REP (responsabilité élargie des producteurs). A ce jour environ 50 % des biens en fin de vie éligibles au réemploi ne sont pas couvert par une REP.  Nous souhaitons que des objectifs de réemploi soient fixés (par exemple 10 % des déchets des ménages), d'autant plus que le réemploi est générateur d'emplois non délocalisables.

Nous souhaitons contribuer à créer un monde de consommation responsable, de biens non programmés pour l'obsolescence, que l'on peut réparer, mettre en commune, se transmettre. Prendre la responsabilité de la gestion locale de nos déchets. 

 

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  • Cécile POTIER
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  • Paris, France

Cécile POTIER

cecile.potier@free.fr

Paris, France

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