Cantines solidaires

Aubervilliers, France
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Cantines solidaires

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France
Projet lancé par :

Cantines solidaires

Cantines solidaires consiste à développer des restaurants sociaux, solidaires et durables, approvisionnés à partir d'excédents de la restauration collective pour réduire le gaspillage alimentaire


L'Île-de-France est un territoire de contrastes, lieu d’accueil, de métissage, créateur de richesses mais également de grande pauvreté. Cette région cristallise de nombreux défis en matière de développement durable parmi lesquels figure la précarité alimentaire.

Souvent, les personnes en situation de précarité alimentaire ne disposent pas d’une alimentation en quantité suffisante mais également diversifiée, avec des produits de qualité et un équilibre alimentaire des repas. Pour certains, ce sont les conditions de prise des repas qui laissent à désirer : peu de place à la convivialité, l’échange, la commensalité pourtant consubstantiels à l’acte de manger et au bien-être qu’on en retire.

La forte activité économique (sièges de nombreuses entreprises françaises et internationales) ainsi qu’une très importante population jeune scolarisée font de cette région un territoire particulièrement dense en matière d’établissements de restauration collective qui regorge d’excédents alimentaires cuisinés, qui jusqu’ici n’étaient pas valorisés et finissaient à la poubelle, générant un gaspillage de ressources considérable.

En théorie, la solution est simple : les associations d'aide alimentaire se mettent en relation avec les établissements de restauration collective pour récupérer leurs excédents. Dans la pratique, les choses sont beaucoup plus compliquées comme nous avons pu nous en apercevoir depuis 2013, date à laquelle nous avons commencé à travailler sur ce sujet.

Tout d'abord, la réglementation associée à la production de repas en restauration collective est particulièrement stricte et les donateurs sont, à juste titre, très exigeants, sur les conditions associées au don de leurs produits de manière à sécuriser l’ensemble de la chaine de redistribution. 

Par ailleurs, la plupart des structures de l’aide alimentaire ne sont pas dimensionnées pour pouvoir absorber la charge de logistique alimentaire associée qui s’ajoute à leurs missions de base en matière d'urgence sociale.

Enfin, au-delà des adaptations organisationnelles nécessaires, nous avons observé un certain nombre d’autres blocages dans le cadre de projets de collecte des excédents que nous avons accompagnés, notamment :

- Les dons des donateurs sont par nature irréguliers alors que les besoins de l’association sont stables ou prévisibles dans leur évolution annuelle,

- Il existe une inadéquation entre offre et demande ; de très gros donateurs pour des petits besoins, ou inversement,

- La logistique alimentaire s’appuie essentiellement sur les bénévoles dont la mobilisation peut s'avérer incertaine dans le temps, et peu (ou pas) de moyens de transport frigorifique ce qui ne permet pas toujours de collecter « à la demande »,

- Il existe un décalage, parfois important, entre les exigences des donateurs et les pratiques et possibilités des associations receveuses (notamment sur les garanties sanitaires, la traçabilité…),

Au-delà de la collecte, les associations ne disposent pas systématiquement de capacité de stockage des préparations alimentaires à moins de 3°C suffisamment dimensionnée ; il s’agit en effet de stocker un volume qui peut largement dépasser les besoins dans la mesure ou pour obtenir un nombre précis de plats/repas complets, il est souvent nécessaire de collecter beaucoup plus.

Enfin, la valorisation des excédents de la restauration collective se prête mal à une distribution aux bénéficiaires telle qu'elle est habituellement réalisée, c'est à dire sous forme de paniers à rapporter chez eux. En effet, les excédents collectés sont des préparations culinaires, qui peuvent être conditionnées dans des contenants multi-portions inadaptés à une personne isolée par exemple. La question des conditions de la distribution se pose donc également.

Quel est le concept de votre projet ?

Ce sont ces constats qui nous ont motivés fin 2016 à créer Excellents Excédents, entreprise de l’Economie Sociale et Solidaire située en Seine-Saint-Denis et dédiée à la valorisation des excédents de la restauration collective au profit de la solidarité alimentaire.

Chaque jour, nous collectons les excédents de nos partenaires, établissements de la restauration collective publique ou privée (cuisines centrales et restaurants d’entreprise) à partir desquels nous proposons à nos receveurs des repas complets, équilibrés et variés.

 

La collecte a lieu grâce à un véhicule réfrigéré et nous avons développé des process et un système d’information qui nous permet de garantir à la fois la continuité de la chaine du froid et une traçabilité totale de chaque produit collecté qui est étiqueté avec un code unique.

Ce système de traçabilité a été analysé par les services de la Direction Départementale de la Protection des Populations de Seine-Saint-Denis qui l’a estimé « très satisfaisant » ainsi que l’ensemble des process associés au respect de la réglementation sanitaire applicable.

A ce jour, nous sommes les seuls intermédiaires à proposer cette traçabilité exhaustive.

 

En synthèse, Excellents Excédents est un intermédiaire entre les donateurs et les receveurs dont le rôle est de massifier la collecte d’excédents pour répondre aux besoins des receveurs en garantissant à toutes les étapes de la chaine le respect des exigences réglementaires pour sécuriser l’ensemble des intervenants.

 

 

Afin de trouver des solutions de distribution adaptées aux excédents collectés, Excellents Excédents a développé en partenariat avec la ville d'Aubervilliers la première cantine solidaire, Rest'Auber, dont les repas sont issus à 100% d'excédents de la restauration collective.

Ce projet a été pensé et développé pour répondre aux 3 grands enjeux suivants :

 - Réduire le gaspillage alimentaire de la restauration au niveau de la restauration collective qui est considérable et particulièrement impactant (du fait du cumul des impacts tout au long de la chaîne alimentaire de la production à la consommation des repas), et ce à tout point de vue : environnemental, économique et social ;

- Contribuer à trouver une solution juste et de qualité à l’alimentation des personnes en situation de précarité. « Juste » impliquant non seulement une forme de justice sociale mais également un ajustement aux besoins de ces populations et des structures qui les accompagnent. « De qualité » impliquant que les repas proposés soit nutritionnellement équilibrés (avec notamment un apport important en fruits et légumes qui manquent cruellement au régime des personnes en situation précaire) ;

- Trouver une solution territoriale avec et pour les territoires parce qu’il s’agit de la solution, à la fois la plus efficiente et la plus durable. La co-construction de ce projet avec les acteurs locaux est une garantie de sa pérennité parce qu’une fois engagés, et au vu des multiples retombées positives, ils garantissent son développement.

Rest'Auber propose ainsi depuis juin 2018 des repas à prix très modique aux habitants, aux travailleurs, aux agents de la ville et gratuits pour les plus démunis. Il est devenu un lieu de convivialité et de partage autour d’une offre alimentaire alternative et de qualité. En terme de résultats, ce sont plus de 7 500 repas qui ont été distribués sur Rest’Auber à ce jour. Cela représente plus de 5 tonnes d’excédents de la restauration collective valorisés et donc l’équivalent de biodéchets et près de 20 tonnes CO2, évités.

Nous pensons que ce projet est non seulement exemplaire mais qu’il peut et doit être déployé sur d’autres territoires, en Île-de-France et à terme, sur l’ensemble du territoire français. C'est l'objectif du projet Cantines solidaires qui consiste à essaimer le projet Rest'Auber avec les enjeux suivants :

1-      Mieux répondre aux besoins alimentaires (quantitatifs, qualitatifs et culturels) des habitants de ces territoires et des publics précaires, en particulier ;

2-      Améliorer « l’écosystème » alimentaire par la réutilisation d’excédents de la restauration collective comme matière première des restaurants solidaires, dans une logique de lutte contre le gaspillage alimentaire ;

3-      Créer du lien entre les acteurs d’un même territoire autour de l’alimentation (convives, habitants et représentants des territoires, agents de la restauration, publics en insertion, acteurs des restaurations collectives, …).

4-      Développer un nouveau modèle économique de restauration territoriale inspiré des principes du développement durable.

A ce jour, plusieurs villes d’Île-de-France sont d’ores et déjà intéressées : Epinay-sur-Seine, Saint-Denis, Stains, Pierrefitte-sur-Seine et Bobigny en Seine-Saint-Denis ainsi que Grigny dans le département de l’Essonne.

Le projet comporte 3 phases :

–  phase 1 : la réalisation d’une étude de faisabilité de la mise en place d’un restaurant solidaire sur les territoires pré-identifiés qui détaillera :

a.       les besoins des territoires en matière de restauration sociale,

b.      une synthèse des sites pouvant accueillir un restaurant,

c.       les publics pouvant être accueillis, complémentairement aux dispositifs d’aide existants pour les personnes précaires,

d.      l’organisation cible des restaurants ,

e.       une proposition de modèle économique

– une 2ème phase qui consistera en l’accompagnement du démarrage et du fonctionnement de 3 restaurants pour lesquels un lancement aura été décidé ;

- la phase 3 réalisera une synthèse des enseignements des phases 1 et 2 et proposera des recommandations de telle sorte à pouvoir déployer un projet de restaurant solidaire sur n’importe quel territoire français.

Localisation de votre projet

93300

Actu #1

May 29, 2019 08:33

Pierre RAVENEL, co-fondateur d'Excellents Excédents intervenait hier, 28 mai, dans l'émission Europe 1  "Le tour de la question" de Wendy Bouchard sur le gaspillage alimentaire au côté de:

- Laurence Champier, directrice générale de la Fédération Française des Banques Alimentaires,

- Prune Poirson, secrétaire d'Etat chargée de la Transition Ecologique et Solidaire,

- Eric Lepêcheur, président de RESTAU'CO, réseau interprofessionnnel de la restauration collective en gestion directe

- Nathalie Villermet, animatrice du réseau REGAL Normandie

N'hésitez pas à ré-écouter l'émission ici : https://www.europe1.fr/emissions/on-fait-le-tour-de-la-question-avec-wendy-bouchard/wendy-bouchard-aujjourdhui-gaspillage-alimentaire-pourquoi-gachons-nous-autant-3901319

Actu #2

June 7, 2019 19:55

Un grand merci à vous tous pour votre soutien : vos votes, vos encouragements et vos messages.

Nous ne terminons malheureusement pas dans les 30 premiers de notre catégorie et donc nous ne pouvons pas concourir pour la 2ème étape ...  C’est dur d’échouer mais c’est pire de n’avoir pas tenté de réussir !

Notre aventure se poursuit et vous pouvez continuer à nous suivre via notre site internet notamment : https://www.excellents-excedents.fr/

Notre prochain challenge est de trouver un nouveau local dans l’Est parisien (proche de l’A86 idéalement) comprenant une chambre froide plus grande. Enfin, nous recrutons un collaborateur pour nous aider à collecter les excédents ; n’hésitez pas à faire passer l’information !

Encore merci et à très bientôt !

L’équipe d’Excellents Excédents

 

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Anne TISON

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